Le Centre d'aérostation maritime (CAM) Paimboeuf 1917-1919 (Saint-Viaud - Loire-Atlantique)

En mars 1917, pour assurer la protection de la navigation maritime (menacée par les sous-marins allemands depuis septembre 1916), un Centre d'aéronautique maritime est constitué sur le littoral sud de la Bretagne sous le nom de Centre aéronautique de Lorient-Paimboeuf. Il est alors commandé par le lieutenant de vaisseau Vaschalde et utilise deux sites : à Lorient (Morbihan) pour les hydravions, et à Saint-Viaud, près de Paimboeuf (Loire-inférieure), pour les ballons dirigeable.

Le premier hangar est installé à Saint-Viaud en avril 1917, et peut recevoir le ballon dirigeable Capitaine-Caussin (9 000 m3) le 30 juin.

Les ballons dirigeables présentaient l'avantage sur les hydravions et avions de pouvoir franchir de grandes distances et de pouvoir se placer en observation au-dessus des convois. Ils pouvaient ensuite calquer leur vitesse sur celle des navires, ce qui faisait d'eux de sérieux adversaires pour les sous-marins. Leur défaut résidait dans l'hydrogène (de 3 à 10 000 m3), en cas de réplique armée du U-boot ou en cas d'orage. Pour plus de sécurité, les ballons furent donc équipés d'un canon léger, et travaillèrent généralement en relations avec les hydravions, jusqu'à 40 milles des côtes, sur les routes d'atterrages des convois depuis Penmarc'h jusqu'à la Loire.

Le 1er août 1917, le CAM Lorient-Paimboeuf laisse place à deux Centres autonomes.

Le Centre d'aérostation maritime (CAM) Paimboeuf voit alors le jour. Bien que dépendant de la Marine, il est commandé par le capitaine du Génie Leroy.

 

Dirigeable Astra-Torrès (AT) du CAM Paimboeuf en mission au large.

Photo prise d'hydravion américain du CAM Croisic.

 

Le CAM Paimboeuf est cédé à la marine des Etats-Unis le 1er janvier 1918, mais les derniers spécialistes français ne quittent le site qu'à la fin de la guerre.

Un deuxième hangar à dirigeables est construit en juillet 1918 pour accueillir le Capitaine-Caussin, l'AT-13, l'AT-4, l'AT-1, la VZ-3 et la VZ-7, et en septembre 1918, la construction un troisième hangar est entreprise, mais n'a pas été achevé.

Le Centre d'aérostation maritime de Paimboeuf est désarmé à l'été 1919. 

Le CAM Paimboeuf à la fin de 1918. La charpente du troisième hangar est visible à l'arrière des deux autres.

(Coll. Bretagne-aviation.fr)

 

Ce qu'il reste du CAM Paimboeuf aujourd'hui

Des bases bétonnées retrouvées sur le site de l'ancien CAM (photo Th. le Roy)

Le mémorial édifié par la mairie de Saint-Viaud sur le site du CAM

(photo Th. le Roy)

 

Bibliographie

Thierry Le Roy La Guerre sous-marine en Bretagne 1914-1918 - Victoire de l'Aéronavale, Quimper, 1990.

Thierry Le Roy "Le personnel de l'aérostation maritime" dans Bases pour dirigeables - Histoire et actualité (Ss dir. Maryse Lassale et Gérard Monnier), Publications de l'Université de Provence, Aix-en-Provence, 2005, p.70 à 83.

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