Le site du Centre d'aviation maritime de Camaret 1917-1918

Devant le nouveau danger que représentaient les U-Boote de la flottille allemande de Flandre à l'automne 1916, le ministre de la Marine décida la créa tion d'un premier Centre d'aéronautique maritime en Bretagne, à proximité de Brest.

Une première étude prévoyait l'installation de ballons dirigeables sur le champ de manúuvre de Guipavas, tandis que ballons captifs (remorqués) et hydravions devaient prendre place sur le terre-plein des Quatre-pompes à Saint-Pierre-Quilbignon. Finalement, une petite unité s'installa provisoirement à Camaret, où elle pouvait utiliser la cale du canot de sauvetage en attendant qu'une installation similaire soit faite à Brest. Elle ne devait plus en repartir avant la fin de la guerre.

Le CAM au début de 1918

Le Centre étant officiellement déclaré constitué à compter du 16 janvier. Les quatre premiers hydravions du CAM provisoire purent assurer leurs patrouilles à la pointe de la Bretagne à compter du 1er février 1917. Prévu pour être développés jusqu'à 12 appareils (70 hommes), il restait intégré au Centre d'Aéronautique Maritime de Brest et devait assurer la surveillance des côtes bretonnes depuis la pointe de Penmarch jusqu'à Saint-Malo .

En juin 1917, l'amiral Lacaze, ministre de la Marine, ordonna la création d'un service spécialement chargé de la lutte contre les sous-marins., la Direction générale de la Guerre sous-marine. L'organisation des patrouilles aériennes fut donc une nouvelle fois revue. Le Centre d'Aéronautique de Brest fut renommé Patrouilles aériennes de Bretagne, et le Centre d'aviation maritime de Camaret devenait autonome.

Par le programme d'armement du 29 juillet 1917, Camaret passait à 16 hydravions, puis au mois de février 1918 à 24 hydravions, et enfin en juin 1918 à 32 hydravions, ce qui en faisait un des plus importants de la Marine française.

Zone de patrouilles du CAM Camaret en 1918

 

Du 1er septembre 1916 au 31 décembre 1917, l'aviation navale française a participé à 106 attaques contre les sous-marins dont 28 en Bretagne. Pour l'année 1918, les chiffres d'activité sont tout aussi remarquables, puisque l'Aéronautique maritime annonça encore 105 bombardements dont 44 en Bretagne. Chaque année, le CAM Camaret se situe en tête des autres Centres français, avec 22 bombardements en 1917 et 19 en 1918. A lui seul le lieutenant de vaisseau Pouyer , commandant le CAM, a pris part à au moins 16 bombardements de sous-marins, ce qui représente encore un record du monde.

Le 22 novembre 1918, le CAM Camaret devenait réserve temporaire du matériel provenant des autres Centres désarmés de la région, avant d'être lui-même désarmé en juillet 1919.

 

Les lieux aujourd'hui

Il ne reste plus grand chose aujourd'hui du CAM Camaret car le site se situe dans le port et que les lieux ont été entièrement recolonisées par les activités économiques dès 1919. On retrouve tout de même la Tour Vauban (classée au ptrimoine mondial en 2008) qui servait de château d'eau au CAM. Ses douves étaient également occupées par des bureaux.

Le site de l'ancien CAM Camaret. Au centre : la Tour Vauban

Le site vu du port de Camaret.

 

Par contre, il possible de voir l'emplacement d'une annexe du CAM, créée de l'aute coté de la baie à la fin de 1917 afin d'accueillir une section d'hydravions ramenée d'Ouessant où elle avait passé l'été. On y retrouve les vestiges d'un slip-way et un vieux château d'eau est encore sur la hauteur en bord de route.

Le vieux château d'eau de l'annexe, en bord de route de Quelern

 

Ce qu'il reste du slip-way de l'annexe.

 

Bibligraphie

- Thierry Le Roy La guerre sous-marine en Bretagne (1914-1918) Victoire de l'aéronavale, Auto-édition, Bannalec, 1990, 254 pages.

- Thierry Le Roy Le CAM Camaret 1917-1919 - Un centre d'aviation maritime de première ligne, Avel Gornog n°16, août 2008.

- Lucien Morareau , Robert Feuilloy, Thierry Le Roy, Jean-Louis Courtinat, Jean-Paul Rossignol L'aviation maritime française pendant la Grande Guerre, ARDHAN, Paris, 1999, 590 pages

 

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