Autres publications intéressant l'aviation bretonne
Pluguffan par Hélène Berre, Coll Mémoires en images Ed. Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2010, 127 pages.
Cette monographie consacrée à une commune rurale fait partie d'une collection déjà confirmée. Ce fascicule comme tous ceux de la série ne présente pas longs textes mais uniquement des photographies anciennes commentées.
Après une trentaine d'autres fascicules consacrés à des communes ou pays du Finistère, celui consacré à Pluguffan peut retenir notre attention en raison de la vingtaine de clichés relatifs à l'activité de l'aérodrome.
La plupart de ces images viennent de la collection Le Grand de Quimper (Etienne Le Grand, photographe, a beaucoup fréquenté l'aérodrome dans les années 1930-1950). Elles avaient déjà fait l'objet d'une exposition voici plusieurs années, dans l'aérogare, mais des commentaires complémentaires apportent de nouveaux éclaircissements sur des photographies de bonnes qualités.

La base aéronautique de Cuers-Pierre feu - du crash du Dixmude à nos jours, par Bernard Jacquet, Ed. du Lau, Hyères les palmiers, 2007, 224 pages, 30 Euros.
90 ans d’histoire d‘une base aérienne ! Bernard Jacquet a réalisé ici un travail assez complet, dans la ligne d’autres ouvrages du même type publiés ces dernières années au sujet d’aérodromes plus ou moins importants dans l’histoire de l’aviation française.
La base aéronautique de Cuers-Pierrefeu présente surtout l’intérêt d’avoir abrité pendant quelques mois les grands ballons dirigeables rigides Zeppelin (Dixmude et Méditerranée) reçus de l’Allemagne au titre des réparations après la Grande Guerre.
Car si le récit est plus anecdotique qu’analytique, il consacre pas moins de 56 pages (sur 224) à l’aventure du Dixmude et à son commandant le lieutenant de vaisseau du Plessis de Grénédan (né à Rennes). Ainsi, ceux qui voudraient retrouver l'histoire du grand dirigeable sous les couleurs de la marine française et connaître un peu mieux les circonstance de sa disparition en mer en décembre 1923, y trouveront leur bonheur.
Noter que la mort du second-maître pilote Le Bihan (de Douarnenez), tué au combat aérien en juin 1940, est également relatée mais de manière très succincte.

La tragédie de l'Emeraude - 15 janvier 1934. Saïgon-Paris, par Michèle Kahn, ed. du Rocher, 346 pages, 21 Euros.
Ce livre est une enquête sur l'accident du Dewoitine 332 Emeraude, le 15 février 1934 dans le Morvan, à l’arrivée d'une liaison Saïgon-Paris.
Reprenant l'ensemble du dossier, Michèle Kahn n'apporte pas davantage de conclusion définitive sur les causes de l'accidents que les auteurs qui se sont précédemment interrogés sur la question, car elle ne détient pas d'éléments nouveaux. Elle propose néanmoins des pistes de réflexion en replaçant l'événement dans son contexte politique (février 1934) et en retraçant les carrières des deux passagers les plus importants, morts dans l'accident : Maurice Noguès (directeur général adjoint d’Air-France) et Pierre Pasquier (gouverneur général d‘Indochine).
Le livre est donc avant tout l'occasion de lire une biographie du grand pionnier breton Maurice Noguès, breveté en 1910, pilote de guerre puis fondateur des lignes aériennes d'extrême-orient. Pionnier et formidable pilote trop souvent oublié, car on ne prête toujours qu'aux mêmes (Mermoz et ceux de l'Aéropostale). Michèle Kahn tente d'ailleurs en conclusion d'apporter une explication sur cet oubli.
Ouvrage de romancière, ce livre en a les qualités (rythme, style, facilité de lecture ...). Mais on regrettera justement, que les sources ne soient pas toujours clairement indiquées (même si elles sont parfois données dans le corps du récit) et surtout des raccourcis parfois rapides, notamment sur des intentions supposées de tel personnage.
On regrettera surtout quelques inexactitudes dans la carrière de Noguès dont la plus importante est l’affirmation qu’il aurait obtenu 13 victoires aériennes pendant la Grande Guerre, parce que l’auteur l’a confondu avec Marcel Noguès, l'as de la SPA-172 !
Malgré cela, l'ouvrage mérite bien de figurer dans les bibliothèques consacrées à l'aéronautique bretonne ! Car le dernier ouvrage consacré à Maurice Noguès datait de ... 1955 ! Incroyable quand on sait l'importance de cet homme dans l'histoire de l'aviation commerciale française.
Les ailes et le sang, par Yves Lainé, ed. Cheminements, 2006, 278 pages, 72 photographies, 22 Euros.
L'aventure tragique du pilote nantais Yves Kervadec (né à Saint-Malo en 1891) et de ses frères, tous trois morts pendant la Grande Guerre. On les suit depuis 1911, jusqu'à la mort d'Yves près d'Ermenonville (Oise) en 1917. Yves Kervadec qui avait assisté aux fêtes d'aviation de Nantes en 1910, puis volé comme observateur sur avion Blériot dans le Rif marocain au printemps 1914, est passé dans l'aviation au printemps 1915 pour être breveté pilote militaire sous le numéro 998. On le suit ensuite en Argonne puis à Salonique et à nouveau en France où il a trouvé la mort accidentellement à l'occasion d'un vol d'entraînement.
Un livre qui s'appuie visiblement sur de solides archives familiales. On regrettera seulement que les sources ne soient pas indiquées, ce qui aurait permis de faire plus facilement la part entre l'historique et romancé.